C’est au cours d’un D.E.A d’histoire de l’art, qu’elle décide de devenir
photographe. Elle est alors hypnotisée par le vide et la banalité obsédante
de toute une série d'images. Cela la renvoie aux photographies qu’elle
prend depuis des années de stations d’essence, d’autoroutes et de
maisons fermées. A “leur présence muette”.
Elle est également fascinée par ces photographies documentaires qui
mélangent neutralité et mise en scène ostensible. Ce paradoxe qui
interroge l'identité et la situation sociale des sujets photographiés lui plait.
Elle construit maintenant son propre projet autour de l’invention de
souvenirs de son enfance au Congo, comme preuves d’un passé
qu’elle n’arrive pas à saisir. Elle aime ainsi jouer sur cette image
photographique qui nous apparait toujours au premier coup d’oeil comme
la vérité, comme un enregistrement mécanique de la réalité, alors même
que nous savons qu’elle est une pure création humaine.
Elle élabore également une série autour de l’instant dramatique de la
tombée de la nuit dans un univers ultra quotidien. Autre écho africain...
Et elle commence un vaste projet autour de la femme et de l’autorité dans
sa représentation et dans sa mise en scène.
Ses photographies portent une intention de frontalité, de sobriété et
de distance tout en étant submergées par une émotion sur laquelle elle
s’appuie pour travailler. Mélancolie, colère sourde ou contemplation devant
l’être humain et son empreinte, le paysage. |